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> Samia Kassab-Charfi : Rhétorique de Saint-John Perse

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© 2014 Saint-John Perse, le poète aux masques (Sjperse.org / La nouvelle anabase). Site conçu, écrit et réalisé par Loïc Céry.

  

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Tome 2

Tome 1

Présentation

Pour la mise en ligne de la troisième thèse disponible sur le site, Sjperse.org vous propose ici la thèse d’Etat de Mme Samia Kassab-Charfi, Rhétorique de Saint-John Perse, soutenue en juin 2003 à l’Université de la Manouba (Tunisie), sous la direction de Mme Joëlle Gardes-TamineniUU (Jury composé de : Joëlle Gardes-Tamine, Samir Marzouki, Abderrazak Bannour, Jamil Chaker). Le site est honoré de permettre ainsi la diffusion de cette thèse essentielle, avant même sa publication : la réflexion insufflée ici connaît déjà un rayonnement certain, et il est plus que jamais important que soit diffusé ce moment marquant d’un renouvellement de l’approche de Saint-John Perse.


On le sait, la méthode linguistique a été l’une des voies les plus parcourues pour l’approche de la poésie de Saint-John Perse, et il serait aisé d’en situer l’ascendance du côté de Poétique de Saint-John Perse de Roger Caillois ou des travaux d’Albert Henry. Mais il est certain que les années soixante-dix vont apporter à cette part du discours critique un essor crucial : l’heure en est alors au structuralisme triomphant et les considérations relatives aux schèmes du verbe poétique se multiplient – ce sera l’objet de plusieurs ouvrages et de nombreux articles. Bien plus tard, moyennant des options théoriques autres, les ressorts linguistiques vont à nouveau être sollicités quant on s’intéressera aux structures discursives de la poésie persienne, et ce sera tout le pan des études menées par Joëlle Gardes-Tamine sur la langue du poète, son rapport avec l’univers des dictionnaires ou même du mot. C’est dans son sillage que sont alors initiés plusieurs travaux de recherches, dont les plus marquants sont menés en Tunisie, par Nebil Radhouane, auteur d’une thèse essentielle consacrée à La syntaxe dans l’œuvre poétique de Saint-John Perse – et par Samia Kassab-Charfi, avec cette thèse brillamment soutenue en 2003. Du reste, reconnaissons-le : en fait d’analyse stricte de la rhétorique persienne, les références, parmi les travaux antérieurs, sont assez rares – et même le récent ouvrage de Colette Camelin et Joëlle Gardes-Tamine, La « rhétorique profonde » de Saint-John Perse, n’aborde la question rhétorique qu’en rapport direct avec une approche thématique revendiquée. La thèse de Samia Kassab-Charfi, aujourd’hui Maître de conférences à l’Université de Tunis, permet donc de préciser bien des points et ce, dans une acception à la fois ouverte, ample et ô combien stimulante.


Pourtant, le sujet était comme piégé – et c’est dire l’urgence qu’il y avait à s’en ressaisir avec cette ampleur nouvelle : longtemps, la stigmatisation d’une grandiloquence déclamatoire avait tenu lieu de définition d’une rhétorique persienne, au point de fonder une sorte de vulgate. On n’était donc pas loin de la nécessité d’une sorte de table rase, pour se débarrasser enfin d’un regard trop sûr de fausses évidences ; la tâche, relevée ici avec l’ardeur de qui veut en finir avec un certain conformisme analytique, devait profiter avant tout d’une rigueur inédite, celle-là même qui permet à Samia Kassab-Charfi de refaire le trajet, se demandant de manière tacite « où fut la faute, où fut la tare », pour que les clichés aient pu à ce point perdurer. Et c’était aussi refaire le parcours d’une critique souvent viciée : « Rétive, toujours à redéfinir, l’œuvre persienne a, depuis le commencement de l’aventure critique, agacé et attiré, attisant de par sa forme même les vocations dithyrambiques, ou bien générant la suspicion d’un regard critique “objectivement“ motivé par le désir de restituer le plus fidèlement l’esprit même du poème, sa respiration (…) ». Il fallait en l’occurrence, dire avec force que la poétique persienne, longtemps taxée de préciosité ou d’archaïsme, plongeait ses racines dans une tradition plurielle de l’éloquence, réinventant de manière originale, pour l’instance poétique, les procédés les plus anciens.


Mais le mérite de cette thèse ne tient pas seulement dans cette remarquable rigueur, il est encore dans la modalité éminemment conciliatrice d’une conception de la rhétorique – et c’est là encore son indéniable ampleur. Il n’est pas fortuit que le propos ait d’emblée été placé sous la référence essentielle d’un Cicéron, pour qui rhétorique et soubassements philosophiques demeurent indissociables, l’enveloppe langagière comprise non comme écrin mais creuset d’une pensée dense – c’est donc sous cette acception synthétique et dynamique de la langue poétique que les recueils sont considérés (le postulat n’allant pas de soi, et méritant lui-même d’être examiné, comme c’est le cas ici : les territoires du poétique et du rhétorique sereinement balisés, les passerelles exposées). En tout cas, c’est bien cet axiome qui permet à la démonstration, de reconsidérer les options proprement poétiques de Perse : qu’il s’agisse du lien étroit entre ce qu’on a pu nommer l’ « encyclopédisme » d’un lexique minutieux et le déploiement du discours, qu’il s’agisse de l’emploi d’une certaine syntaxe et des procédés de figuration que l’on sait, des choix métriques (jusqu’à la réévaluation de la définition même du verset), les repères connus de l’univers formel de Saint-John Perse sont ici considérés avec une rare précision. Conciliation encore et esprit de synthèse, dans une lecture renouvelée de l’ontologie que clament le texte et une vision de la présence au monde, et jusque dans l’appréciation de la genèse du poème, se confirme une approche neuve, qui a le souci d’interroger les trames les plus subtiles du poème, allant sans sourciller dans ses marges ultimes, cet « évidement » de l’écriture revendiqué comme une éthique de la concision, et réinvesti dans les analyses proposées ici dans un « nombre d’or » textuel. Plus tard dans le propos, cette constante recherche des motifs d’une écriture gagne encore en densité quand est relevé le défi d’une entreprise d’archéologie stylistique : l’ « asian » et l’ « attique » deviennent les pôles complémentaires d’une langue en chrysalide, de l’amplification à l’ascèse – et l’on retrouve donc, dans le langage lui-même, cette tension des contraires pistée par Colette Camelin dans la pensée du poète.


C’est cet ensemble qui fonde le « projet rhétorique » en jeu dans la poésie de Perse et que la thèse expose méthodiquement : une série de choix langagiers nourrissent une pensée et structure l’imaginaire ; mais le propos se sauve de toute rigidité, de toute modélisation théorique, par la prise en considération des tensions internes qui parcourent un tel projet rhétorique, qui oscille (et le terme revient souvent sous la plume de l’auteur) entre la présence nue du monde et le mot athlète de sens. Il fallait alors toute la subtilité des analyses proposées dans cette thèse, pour tenter de résoudre la question des fondements de cette oscillation par l’heureux secours d’un motif essentiel : la « médiation rhétorique ». Essentielle parce que les modalités prises en compte dans cette médiation (du rapport au réel au fondement des stratégies d’amplification) dessinent tout le long du raisonnement une cohérence qui toujours fait corps avec le texte et ne tente pas de le faire coïncider avec telle ou telle grille de lecture préétablie. Militant pour cette « réappropriation de la dimension linguistique », c’est sur pièce en quelque sorte, que l’analyse se saisit, en toute objectivité, des « ramifications rhétoriques » aisément décelables dans la langue de Perse – et les tensions précitées n’en sont que plus apparentes, comme l’est au final, cette « rhétorique motrice » de la poésie persienne avec pour point focal, l’oratoire, lieu de saisissement de la source même du poème.


Tout se passe une fois encore comme si, de façon exemplaire, le renouvellement de la critique persienne aura nécessité une démarche nécessairement ouverte, absente de dogmatisme, les outils adoptés pour un tel renouvellement bénéficiant même de cette ouverture : la souplesse, la subtilité et l’efficacité de la notion de rhétorique mise en jeu ici est inattendue et quelque peu inédite, tant il était indispensable pour rendre compte des tensions propres à l’écriture du poète, d’habiter les nuances. Et c’est justement cette nécessité qui est caractéristique d’un moment où la critique, plus humblement qu’auparavant et avec des trésors de finesse, doit retrouver la nouveauté du texte ; point de fausse candeur dans cette démarche : instruite d’une certaine limitation des regards antérieurs sur la rhétorique persienne, une profonde lucidité s’affirme tout le long du propos, au profit de l’intelligibilité de la langue de Saint-John Perse. Vous retrouverez l’ensemble de cette thèse au sein des deux fichiers PDF présentés ci-dessous ; patientez pour le chargement et l’initialisation du format.


                                                                                                                                                                                    Loïc Céry