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Et le prédicat de base de cette attention : l'image répandue d'un écrivain en dit plus sur le miroir lui-même que lui tend une société, une époque donnée. C'est à n'en pas douter en explorant les données de cette doxa que l'on peut (et c'est salutaire) démêler l'écheveau de l'image "communément admise" et du matricule médiatique que porte aussi, gloire suprême, le Prix Nobel de Littérature 1960.


Un constat sidérant préside à cette rubrique, celui de la persistance de cette image dépréciée et on peut le dire, comme les relents sans cesse réitérés d'une vieille haine à l'encontre du poète et du personnage public. Un mystère à étudier...

> Les reflets du miroir déformant (en guise d'introduction)

Saint-John Perse vu par les médias - LE GRAND MALENTENDU

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© 2014 Saint-John Perse, le poète aux masques (Sjperse.org / La nouvelle anabase). Site conçu, écrit et réalisé par Loïc Céry.

  

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Le phénomène n'est donc pas neuf, mais a connu, avec l'ère des médias de masse, une ampleur nouvelle. Les images d'Épinal étaient naguère transmises par les colporteurs sur les marchés et les images pieuses par les catéchistes ; à l'ère des médias, les haut-parleurs ne manquent pas pour relayer la doxa d'une image des écrivains, dont récemment, Pierre Bayard a eu le mérite d'exposer la logique dans son essai Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?

"Le poète est désormais quasiment illisible. Archi pompier, terriblement pompeux, il a «mérité» son Nobel. Mêlé médiocrement aux grands moments du siècle passé (il est pour la «non-intervention» en Espagne et fait de la figuration dans les accords de Munich), il demeure une proie excellente pour un bon biographe. On en apprend de belles sur sa vie amoureuse de chasseur de princesses. On s’amuse à le voir falsifier sa correspondance ancienne pour « gonfler » sa Pléiade, obtenue de haute lutte d’un Gaston Gallimard plus que réticent. Enfin, on admire comment il monte sa propre campagne pour le Nobel en se faisant aider par Dag Hammarskjöld, secrétaire général de l’ONU, qui devait en partie son élection à ce poste aux pressions de Hoppenot, le représentant français à cet organisme, un protecteur du poète d’Anabase."

Car c'est bien là l'une des caractéristiques principales de ce niveau zéro de la réception : point n'est besoin, bien sûr, d'avoir réellement lu l'auteur concerné pour déployer à son endroit la reproduction méthodique ou frivole de la légende (cela dépend du tempérament du non lecteur érudit). Qui pourrait nier via ces soubassements, la superposition, avec une oeuvre donnée, de l'image que retient de son auteur l'opinion commune ? Des exemples fameux de ces légendes littéraires qui en viennent aussi à remplacer les oeuvres elles-mêmes, fourmillent dans l'histoire littéraire française, de Villon à Voltaire, de Rousseau à Hugo...

De manière générale, il est toujours intéressant, que ce soit pour en être simplement lucide, ou même dans une perspective de sociologie de la littérature, de s'intéresser à l'approche des grand écrivains par les médias de masse : c'est souvent par ce biais qu'il est possible de jauger l'image provenant de l'opinion générale qui s'attache à tel ou tel écrivain. Une image souvent persistante, ancienne et têtue, en dépit des discours nuancés de la critique, de l'historiographie, ou de toute autre discipline savante : c'est là le versant le plus trivial de la réception de la littérature, en vertu duquel l'image accolée au nom d'un écrivain compte même davantage que la simple volonté d'en savoir plus à son sujet. Sartre, Bourdieu ou Kundera ont en leur temps analysé ce maelström fait à la fois de préjugés, de raccourcis, de confusions, d'amplifications, en somme, tout ce qui, peu à peu, construit une légende bien difficile à dissiper et qui se confond insidieusement avec le nom même d'un écrivain. Dans une sorte de psychologie collective, la mémoire de la littérature est faite avant tout, que l'on s'en défende ou pas, de ces extrapolations légendaires dont il est toujours étonnant de constater la permanence et même, la faculté à se régénérer elles-mêmes, en fonction des codes eux-mêmes changeants des époques : moyennant l'adaptation au goût du jour ou même à la faveur de certains infléchissements, l'image ainsi tôt conçue et forgeant l' "opinion commune" se transmet au fil du temps, court-circuitant toute analyse, déjouant toute philologie, excédant toute lecture exigeante ou toute lecture en général d'ailleurs.