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France Culture, 1976 : Mireille Sacotte dresse un panorama

de cette passion musicale de la jeunesse d'Alexis Leger

  

Par Christine Januel, pour Sjperse.org

La jeunesse musicale d'Alexis Leger   

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Mais en Chine, quelles musiques ont -elles pu réellement le satisfaire ou au contraire lui manquer ?

« Seule la musique me fait ici dangereusement défaut » affirmait-il depuis la Chine… « aux pays fréquentés sont les plus grands silences ». Lui qui deviendra plus tard l’ami de Varèse, tout en restant l’admirateur inconditionnel de Beethoven, Debussy et … Stravinski ?

La réponse est peut-être inscrite dans le poème Anabase, qu’il signera de son nom de plume définitif : Saint-John Perse,

« Je siffle un sifflement si pur, qu’il n’est promesses à leurs rives que tiennent tous ces fleuves.

( Feuilles vivantes au matin sont à l’image de la gloire)… »

  


Durant le séjour de Leger en Chine, les poèmes du premier Saintleger Leger suscitent l'intérêt des compositeurs du Groupe des Six. Ils commencent à les mettre en musique, Milhaud en 1916 écrit un quatuor vocal « Or ces eaux calmes sont de lait », Louis Durey, achève deux œuvres musicales sur des poèmes de Saintléger Léger, Images à Crusoé en 1916 et Eloges en 1918.

  

Le fameux Groupe des Six, qui compte avec Milhaud et Durey, deux "persiens" de la première heure qui mettront en musique Eloges.

Les années parisiennes


A Paris, Leger veut vivre la musique de son temps et fréquente les cercles littéraires et musicaux comme celui de Misia Sert, pianiste et musicologue, élève de Gabriel Fauré, et comme celui de ses amis Berthelot. Il y rencontre le compositeur Eric Satie.

Jeune homme bien introduit dans les cercles littéraires et musicaux, il va peu à peu participer à toutes les batailles artistiques engagées dans la capitale.

Il assiste notamment au mois de mai 1913, à la création mondiale du Sacre du Printemps de Stravinski qui fait grand scandale au théâtre des Champs-Élysées, il y rencontre Debussy et d’autres grands noms du monde artistique et littéraire : Diaghilev, Cocteau, Giraudoux, Paul Morand…

(Quelques années auparavant, en 1910, le jeune poète avait assisté à la création l’Oiseau de Feu à Paris, et donc déjà rencontré Igor Stravinski ).

A cette même période, chez des amis communs, il fait la connaissance du compositeur Darius Milhaud, du Groupe des Six, grâce à Francis Jammes.

  

Jacques Rivière

Igor Stravinski

Vincent d'Indy

Les années paloises et bordelaises


Etudiant à Bordeaux, Alexis Leger recherche des partitions rares et cherche à se les faire jouer par ses soeurs ou ses amis musiciens.

- En vacances dans les Pyrénées, on fait venir un piano pour qu’il y ait « toujours plus de musique possible. »

- En Espagne, où il fait quelques brèves excursions, il en apprécie le folklore, les sardanes, les danses populaires de Catalogne.


1906 : Il désire reprendre l’étude du violon, instrument qui lui tient à cœur, puis y renonce.

1909 Alexis Leger se lie d’amitié avec des musiciens de la Schola Cantorum, disciples de Vincent d’Indy le pianiste Paul Maufret, et le chef d’orchestre Edouard Brunel, le musicologue Charles Bordes. Il participe de très près à l’organisation de leurs concerts à Pau ou à Bielle, et il tient une chronique musicale dans le journal Pau-gazette, où il rend compte des programmes interprétés par Brunel et Maufret.

Si Mahler et Wagner sont jugés sévèrement, par le jeune Leger, il est un défenseur acharné de la musique française, s’enthousiasmant à la fois pour Rameau et Vincent d’Indy, Roussel, et Duparc, ne négligeant pas d’entendre les œuvres de Maurice Ravel, de Déodat de Séverac, de Franck ou d’Albeniz, et gardant toujours cette même ferveur pour Debussy et l’école russe, Moussorgski, Stravinski. Alexis Leger nourrit pour Beethoven une admiration sans égale et qui s’amplifiera jusqu’à son grand âge. Il se ressource en Jean-Sébastien Bach, notamment en la deuxième partita en ut mineur pour clavier et dans les Concertos brandebourgeois qui sont à son avis « une aide puissante à nous tenir vivants et sains ».(O.C. p.690 )


Pendant ses jeunes années, il tient avec ses amis Jacques Rivière (rencontré chez Gabriel Frizeau en 1907) et Gustave-Adolphe Monod une correspondance assidue dans laquelle il est beaucoup question de musique, et dont les Lettres de jeunesse qu’il rassemblera plus tard dans ses Oeuvres Complètes sont les témoins émouvants.

  

Alexis à 20 ans en 1907 en compagnie de

sa mère, ses soeurs et sa grand-mère, dans le sud-ouest

Alexis, sa mère et ses soeurs, à Pau, en 1902

Une passion d'enfance


- La famille d’Alexis Leger compte plusieurs mélomanes et musiciens.

- La Grand-mère maternelle, Anne Dormoy, née Le Dentu, « qui l’avait gardé enfant, aux Îles, pendant les absences de sa mère « (O.C. Biographie p. XXI ) est une talentueuse pianiste, élève du compositeur américain né à la New Orléans, Louis Moreau Gottschalk, (1829-1869). Egalement mezzo-soprano, elle envisage à une époque une carrière de chant lyrique. Devenue mère de famille, (mère de douze enfants ) elle chante à l’église et tient l’orgue le dimanche.

- Un grand-oncle paternel est baryton. Le père d’Alexis, est également grand amateur d’opéra. Chez les Leger, on connaît le répertoire classique et on chante même Don Giovanni de Mozart.

- L’enfant qui « voulait être compositeur » se passionne pour le violon. Il en est privé par son père, mais il reste à l’écoute de toutes musiques.

- Les sœurs d’Alexis, Eliane, Paule, Marguerite, reçoivent des leçons régulières de musique, elles s’exercent au piano, mais aussi à la mandoline en présence de leur frère. Une lettre manuscrite de l’enfant adressée à son père précise : « Paulette joue de la mandoline, maman l’accompagne à la guitare. » (Lettre manuscrite d’Alexis à son père, coll. Saint-John Perse)

- Alexis profite des concerts en famille. Il aime aussi les musiques de plein air, les fanfares du kiosque municipal, les musiques du carnaval traditionnel aux Antilles, les musiques dansées, biguines, quadrilles, qui sont des rituels à l’habitation la Joséphine. Lettres et photos de famille en ont gardé des vivants souvenirs.

Les premiers poèmes d’Eloges n’évoquent-ils pas ces bateaux restés à quai à la Pointe-à Pitre, et d’où s’échappent encore d’autres rythmes, airs et ritournelles en vogue ?


« Ô j’ai lieu ! Ô j’ai lieu de louer !

Il y avait à quai de hauts navires à musique. Il y avait des promontoires de campêche ; des fruits de bois qui éclataient…Mais qu’a-t-on fait des hauts navires à musique qu’il y avait à quai ? » ( Pour Fêter une Enfance, V)


- Après l'arrivée à Pau en 1899, l’éducation musicale des enfants Leger se poursuit. Les sœurs du jeune poète interprètent au piano le répertoire classique et …les Préludes et Fugues de Bach du Clavecin bien tempéré. En vacances passées près de Bayonne, à Guétary, les jeunes Leger ont l’habitude de chanter à la tribune de l’église.


A lire aussi :


- Daniel Arango, Saint-John Perse et la Musique, Pau, J & D éditions,

- Daniel Aranjo, « la jeunesse musicale d’Alexis Léger », dans Saint-John Perse

et les années de Formation, Actes de colloques de Bordeaux, 17 –19 mars 1994, Paris Celfa l’Harmattan, 1996.

- Roger Little, « Saint-John Perse et la musique », dans Etudes sur Saint-John Perse, Paris, Klincksieck, 1984, p.126-135.

- Fortuné Chalumeau, La maison de Bois-Debout ou l’enfance de Saint-John Perse, Bibliophane-Daniel Radford, Mémoires imaginaires, Paris, 2002.

- Daniel Racine, « Saint-John Perse et les Arts », La Revue des lettres Modernes, Minard, 1989.

- René Rouyère, La jeunesse d’Alexis Leger, Presses Universitaires de Bordeaux, 1989.

- Mireille Sacotte, Saint-John Perse, Paris, Belfond, 1991, Paris, L’Harmattan, 1997.

- Saint-John Perse, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, "Bibliothèque de la Pléiade", 1972, édition augmentée en 1982.

La musique, cet art au "pouvoir prodigieux"


Des chemins premiers qu’Alexis Leger emprunta en musique, est-il si facile de nous faire une juste idée ou de retrouver quelques traces réelles ou furtives ? Certes, documents, archives, correspondances, collections personnelles et l’œuvre poétique même de ce jeune Rimbaud en exil, sont les meilleurs témoins de sa vie musicale intense et nous permettent d’établir une manière de portrait du poète musicien.

De l’éducation générale très complète qu’il reçut dès l’enfance, en Guadeloupe, la musique ne fut jamais exempte. Non pas une éducation musicale technique et spécialisée, jugée d’emblée trop exclusive par un père soucieux et protecteur, lui confisquant définitivement ce violon tant aimé et désormais mythique, - mais une éducation musicale malgré soi, sensible et globale, et quasi obstinée, qui le confirma peu à peu dans cette passion constante pour la musique.

Ce don musical naturel, cette ouverture au chant du monde et de la nature, cette passion pour les musiques savantes ou éphémères, venues de tous lieux et de toutes provinces - airs et berceuses créoles, folklores, rythmes et percussions d’Europe, d’Asie ou d’Afrique -, ces dons si particuliers d’écoute, d’analyse sensible et raisonnée, Alexis Leger n’a eu de cesse de les développer depuis son plus jeune âge.

Prêtant une oreille attentive à tout courant musical nouveau, le jeune Leger cheminera et grandira ainsi, de la Guadeloupe jusqu’à Pau, Bordeaux, Paris…

A Bordeaux, où étudiant il arriva un soir, comme l’écrira François Mauriac, dans sa chronique du Gaulois intitulée « Les muses du Quai d’Orsay » :

« …C’était un soir d’octobre. Les baraques foraines encombraient la place des Quinconces ; cet enfant venu des îles se vit d’abord entouré de parades et de ces musiques dont la nostalgie hante des compositeurs de l’école nouvelle. (…) Sa conversation était aussi belle que ces poèmes de Jammes où des cousines créoles, pareilles à de grands calices blancs, pleurent d’amour dans le nuage des moustiquaires. Il ressemblait à Rimbaud adolescent.» ( François Mauriac, Jean Lacouture, Seuil, 1980)