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L'objectif du langage poétique chez Perse : restituer le réel. Son mode de travail

des mots : l'aptum face au réel.

  

Le goût de Saint-John Perse

pour la polysémie

  

Dans la bibliothèque personnelle

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La passion du poète

pour les mots

  

Le poète et les mots

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© 2014 Saint-John Perse, le poète aux masques (Sjperse.org / La nouvelle anabase). Site conçu, écrit et réalisé par Loïc Céry.

  

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Joëlle Gardes-Tamine

Quoiqu'il en soit, le poète d'Eloges ne pouvait certes pas s'accommoder de l'abdication devant la langue qui fait le lot commun de bien des poètes au XXe siècle : porter sur le monde le regard avide qui fut le sien, vouloir explorer par les moyens du langage « le mystère où baigne l'être humain », ce n'est pas se complaire dans les failles de la parole et surenchérir l'ellipse jusqu'à ce que le poème disparaisse finalement, cédant le pas à la page blanche. Loin de toute préciosité au contraire, le poème de Saint-John Perse est en quête du "mot juste", sorte d'hommage à la richesse du réel. L'attitude en fait un classique de la modernité ou un moderne du classicisme, comme voudront ceux qui sont en mal d'étiquettes ; en tout cas, voici bien un artisan de la langue qui considère que les mots sont ses plus sûrs matériaux pour dégrossir la gangue du réel et qui invite le lecteur à partager avec lui le goût de la précision. Mais l'effort est le sésame de ce partage, car il exige à n'en pas douter du lecteur un éveil, une attention de chaque instant. L'exigence, encore...

Joëlle Gardes-Tamine commente pour France Culture le rapport de Saint-John Perse aux mots

(1995, 2000)

En revanche, c'est en effet un constant émerveillement devant la virtuosité de la langue qui attend celui qui aura la patience de se prêter au jeu des vérifications. Je dis bien des vérifications, car il ne faut pas croire qu'une seule suffise : très souvent, le mot chez Perse (surtout celui qui renvoie à un lexique spécialisé) joue sur une pluralité de définitions qui induit pour chacune d'entre elles des sens différents pour une même image. Le poème en lui-même fonctionne sur un réseau d'échos entre les définitions, une sorte de polyphonie textuelle particulièrement riche.


Le poète fut un amateur érudit des dictionnaires, et la Fondation d'Aix conserve pieusement ces multiples instruments d'édification des poèmes, au centre desquels le fameux Dictionnaire analogique où Perse puisait comme la matière première de ses trouvailles, glanées par ailleurs par une connaissance étonnante de certains domaines de spécialisation...

Gourmet de mots donc, gourmand de dictionnaires, tel fut Saint-John Perse, mais bien des contresens pourraient être évités (au gré desquels on a pu dire que cette poésie s'adressait essentiellement à de fins lettrés ou diffuser la grossière image d'un poète pédant par excès de préciosité) si on prenait la peine de distinguer dans cette caractéristique une profonde exigence devant la nomination du monde. Ne nous y trompons pas : il y a là autant de conception de la langue que de principe éthique dans la présence au monde et à ce que réclame sa connaissance.






  

Saint-John Perse, artisan du langage


Il y aurait bien sûr beaucoup à dire au sujet de l'usage des mots par Saint-John Perse - et c'est ce qui fait l'importance de l'étude attentive et spécialisée de son univers langagier et de ses pratiques d'écriture. Depuis quelques années, le thème a généré tout un pan des études persiennes, tant le sujet est vaste... Ce qui fait en fin de compte la richesse du rapport de Perse à la langue, c'est indéniablement son goût très poussé pour les mots, que chacun peut à loisir vérifier en ouvrant n'importe quelle page de l'œuvre, réelle constellation de termes rares, de jeux sur les sonorités, de fines variations sur l'étymologie et la polysémie.


Nombreux sont ceux qui pensent que la lecture de Saint-John Perse occasionne nécessairement un recours systématique au dictionnaire et certes, celui qui désire saisir la substance ultime du texte devra en vérifier le sens par ce détour-là. Mais je crains souvent que ce faisant, on en vienne à faire passer la poésie de Perse pour ce qu'elle n'est pas, à savoir un jeu de devinettes (c'est ce que le personnage de Céleste, dans Sodome et Gomhorre de Proust, croit comprendre en feuilletant Eloges). Certes, une multitude de variantes du sens est cachée dans les subtilités de l'usage lexical, et c'est bien ce qui distingue une page de Saint-John Perse de celle de n'importe quel poète : son inépuisable registre dans le langage. Mais le "sens profond" pourtant (faisons bondir les thuriféraires d'une certaine modernité, pour qui le sens toujours sera absent ou du moins, évanescent) se livre même à une lecture ignorante de ces subtilités, de telle sorte qu'il n'est pas excessif de dire que sachant que le poème de Perse est une ruche langagière, on peut tout de même en saisir le souffle, en décrypter le murmure sans en passer forcément par le dictionnaire.